Histoire de Creney

Les registres paroissiaux

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CE QUE NOUS APPRENNENT LES REGISTRES PAROISSIAUX

Les registres paroissiaux, ancêtres de nos registre d’état-civil, étaient tenus par le curé. Il y notait les baptêmes, généralement cél ébrés très rapidement après la naissance, les mariages et les sépultures.

La mairie de Creney a conservé ces registres qui commencent le vendredi 14 janvier 1650.

Le premier baptême est celui de Nicolas, fils d’Antoine Bonné (?) et de Claude Seguin.

Pour les premières années, il semble que seuls les baptêmes figurent sur le registre. Il est parfois indiqué que l’enfant a été baptisé par la sage-femme car l’enfant était en grand péril de périr. La situation était ensuite régularisée à l’église.

L’encre de la première page a passé à cause de la lumière. La teinte s’est mieux conservée dans les pages suivantes.

Malheureusement, c’est l’écriture du curé qui, cette fois, complique singulièrement la lecture :

Enfin, à partir de 1666, l’écriture de Jacques Levesque, prieur, curé de la paroisse de Creney, devient beaucoup plus lisible. A ses titres, ce curé ajoute parfois : « chanoine régulier, religieux [ ? ] de Notre Dame en l’Isle. »

En dehors de la généalogie, il y aurait différentes pistes à explorer. A certaines époques, la profession du père de l’enfant baptisé était notée, ainsi qu’exceptionnellement celle des parrains, sans doute quand il s’agissait de notables.

Ainsi, « le quatorze novembre mille six cent soixante six, a été baptisée Anne, fille de Jacques Zeguin et de Anne Michelot ses père et mère laquelle a eu pour parrain maître Nicolas Barois procureur au Bailliage et siège présidial de Troyes, et pour marraine honneste femme Anne (?) femme de maître Mareschal maieur de ce lieu et secrétaire de monsieur le procureur du roy audit bailliage et présidial de Troyes. »

Voici, aux environs de 1670, les professions indiquées :

Gabriel BECEL le jeune, vigneron

Claude BERNARD, laboureur

Quentin BERNARD, greffe de la justice de Creney

Pierre BESANGER, vigneron

Jean BEUVE, laboureur

Jean BEUVE, procureur fiscal de la justice de Creney

Louis BEUVE, laboureur

Louis BEUVE, vigneron ( ce n’est pas le même que le précédent )

Nicolas BEUVE, vigneron

Nicolas BISSAT, laboureur

Etienne COLLOT, laboureur

François DAUFIN, vigneron

Jean DOFIN ou DAUPHIN, vigneron

Lupien DIN..OT, vigneron

Edme GELEY, vigneron

Gil GUBLIN ou GUBELIN, vigneron

Nicolas GUBELIN, lieutenant de Creney

Jean GUBLIN, vigneron

François GRUAT, vigneron

Jean LECLERE, laboureur

Toussaint LECLERE, vigneron

Jean MARESCHAL, ou MARESCHAULT, vigneron

Nicolas MARESCHAL, major ( mayor ? ) dans la justice de Creney

Nicolas MATHE, vigneron

Jean MICHON, vigneron

Edme ROBERT, manouvrier

Jacques SEGUIN, laboureur

Remarques :

- Parmi les jeunes pères, on notera la proportion ( la moitié ! ) de vignerons; les professions liées au fonctionnement de la communauté: maior, greffe, lieutenant, procureur fiscal, les laboureurs, agriculteurs possédant un animal pour tirer la charrue, et enfin un seul manouvrier, paysans n’ayant que ses mains pour travailler.

- L’orthographe des noms de famille n’était pas encore fixée : ainsi on trouve Zeguin et Seguin, Gubelin et Gublin, Mareschal et Mareschault ( Maréchaux en 1789 ).

Le 7 juillet 1671 apparaît une signature remarquable :

C’est celle de Maître Jean GOUAULT, recteur des écoles, peut-être le premier maître d’école de Creney. Son rôle d’assistant du curé pour les cérémonies nous permet de connaître son existence grâce aux registres qu’il a signés.

 

EN MARGE DES REGISTRES PAROISSIAUX

 

De 1730 à 1741, Begin, prieur curé de Creney, a noté à la fin de chaque année les faits les plus marquants dans la vie d’un village rural.

Remarques présentées sous formes d’extraits, soit parce qu’elles ne contenaient rien d’exceptionnel, soit parce qu’elles étaient difficilement lisibles, ce que j’indique par les signes [??].

1730 : Il y a eu assez d’abondances en toutes choses…

1731 : L’année a été extrêmement sèche, les seigles, les orges, les avoines et les prés ont manqué. Il y a eu assez d’abondance de froment dans les bas pays, et de vin [??] . Cyron dans les seigles à cause du [??]

Cette même année 1731 a eu [??] à cause des accidents de feu, il y a eu quantité d’incendies en plusieurs lieux du pays [??] il y a eu deux grosses maisons de bruley [??] le troisième jour de Pâques [??]

1732 : Abondante en seigle, de longtemps on n’avait recueilli une si grande quantité. Le froment n’a pas si grainé, on a eu beaucoup de paille et peu de froment. Les prés ont produit beaucoup de foin, on a eu aussi assez de vin dans des endroits abondants mais dans d’autres médiocrement. Il y a eu de gros orages, le feu du ciel tomba à Culoison sur une maison [??]

1733 : Cette année 1733 n’a pas été si abondante que l’année passée on a recueilli peu de vin on eut aussi douleur dans beaucoup d’endroits de la Champagne. Des souris et des mulets mangeaient les blés, les avoines et les sarrazins. On a fait des processions pour implorer [??] de dieu afin de les détruire, on a dit pour cela les prières marquées dans [??], ils n’ont pas laissé que de manger encore les blés [??]. Ceux du village de Bouranton outre les processions et prières de l’église ont procédé contre eux juridiquement, ils leur ont donné assignation le 4 septembre par Tisserand sergent contrôlé à Piney par Paris et ont nommé Nicolas Gublin pour être leur procureur, et le nommé Toyé procureur fiscal dudit Bouranton plaidait contre eux. La cause a été plaidée et le siège tenu et il est intervenu une sentance par le juge nommé Louis Gublin dont voici la teneur et tirée (?) d’un registre du greffe de Bouranton.

« Du jeudi septième jour du mois de septembre mille sept cent trente trois au lieu accoutumé à tenir les audiances ordinaires de la justice de bouranton par devant nous Louis Gublin juge mayeur et du procureur fiscal en cette justice tenant en main le fait de [??] demandeurs aux fins de l’exploit de Tisserand sergent en date du quatre septembre [??] comparait ledit sergent procureur fiscal [??] et procureur en sa cause contre les rats et souris appelés les mulets qui sont tant dans les granges [??] du village et finage de Bouranton, tant dans les emblaves bleds vignes et aussi [??] font grands deccas et dommages et encore contre Nicolas Gublin deffendeur comparant en [??] pour les dits animaux qui a dit et remontré qu’ils sont des animaux que dieu a créé ou du moins permis d’être créé et qu’il est bien juste qu’ils vivent. Réplique par le dit sergent demandeur qu’il ne reproche pas la nourriture des dits animaux et qu’il est prest de leur indiquer l’endroit et place pour les mettre qui a dit qu’il demande le temps de trois jours pour se retirer.

Les parties ouïes nous leur avons fait acte de leur dire et plaidoyer cy dessus et sans avoir égard aux remontrances faites par ledit sieur Gublin défendeur attendu les grands peines et dommages que font lesdits animaux nous avons toutes lesdites parties de Gublin condamné à se retirer incessamment dans trois jours à compter d’aujourd’hui des maisons et granges emblaves vignes et terres cultivées dépendant du finage et territoire de ce lieu sauf [??] estant non cultivées et grands chemins si beau et bon leur semble pour qu’elles ne puissent point faire de sort ni dommage

 

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