Histoire de Creney

Les seigneurs de Creney

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A l’origine, avant l’an 1000, le rôle du seigneur était essentiellement militaire. Le seigneur se voyait attribuer un fief, c’est à dire un territoire suffisant pour lui assurer des revenus suffisants pour entretenir son équipement guerrier et celui d’une petite troupe. Les habitants de son territoire devaient donc lui donner, en argent, en vivres, en travaux, tout ce qui lui était nécessaire. En échange, il protégeait ces habitants, mais surtout il se tenait à la disposition du seigneur plus puissant, son suzerain.

Dès le XIIème siècle, les seigneurs, à commencer par le plus puissant, le Comte de Champagne, vendent, découpent les fiefs et surtout les droits qui y sont attachés. Certains villages sont ainsi partagés entre dix seigneurs, tandis que des seigneurs peuvent posséder des droits sur plusieurs villages.

Les seigneurs de Creney

Alphonse Roserot a passé une bonne partie de sa vie à rassembler tous les renseignements concernant les familles nobles du département. Il donne pour chaque village un inventaire des seigneurs connus, souvent assez embrouillé ce qu’il reconnaît lui-même

( dictionnaire historique de la Champagne méridionale, tome I ).

Pierre Viard a repris certains documents sur ses notes restées à l’état de brouillon, ce qui apporte un peu de clarté ( Archives de l‘Aube, 107 J 36 ).

La famille de Clérey

Avant 1224, le seul seigneur connu est le Comte de Champagne.

En février 1224, il donne à Jacques de Durnay des revenus à Creney, en échange de droits sur Bar Sur Seine.

En 1240, le Comte de Champagne achète à Jean de Crécy tout ce qu’il possédait à Creney : la seigneurie de Creney était donc déjà morcelée.

Vers 1250, Perrin de Clérey, Jeanne de Chu ( Yonne )et Geoffroi de Saint Martin avaient des droits sur une partie de Creney.

En 1263, Perrin de Clérey, vicomte de Ligny le Châtel et son fils Jean possèdent Clérey, Creney et Chu . En 1270, Jean de Clérey, son frère et son cousin donnent à l’hôpital Saint Nicolas de Troyes leurs coutumes et hosties (parcelles maisonnées entourées de terres cultivées ) de Creney, près de la grange dudit hôpital.

En 1274, Madame Felise, femme de Gilon de Joirel ( Joiselle, Marne ), possède à Creney des cens, coutumes, terrages.

Est-ce la même Felise qui avait épousé en secondes noces Jean de Chaumesnil, décédé en 1246, et avec laquelle il avait eu deux fils ? Ceci pourrait expliquer pourquoi on trouve des personnes portant le nom : de Creney, seigneurs partiels de Chaumesnil, Petit Mesnil, Arrentières, Engente aux XVIème et XVIIème siècles. Voici leur blason « d’azur à un fer de moulin d’or surmonté d’une étoile de même ».

Le blason est attaché à un homme, et non à un lieu. Quand pour la première fois un noble du nom de « de Creney » a choisi ce blason, rien ne prouve qu’il habitait Creney ni même qu’il y avait encore des droits.

Blason des Foissy

La famille de Foissy

En 1374, Jean de Foissy, écuyer, bailly de la Montagne, achète à Agnès de Clérey tous ses droits à Creney. Il rachète aussi les droits royaux, anciens droits du Comte de Champagne sur Creney. En 1378, il confie à Geoffroi de Piney, écuyer, une partie de ce domaine désignée sous le nom de « fief d’Enfer » comprenant une maison et ses dépendances. Ce fief d’Enfer a été racheté par Henri de Foissy vers 1510.

Creney a appartenu à la famille de Foissy jusqu’en 1623, date de la mort du dernier du nom, sans héritier direct.

Membres de cette famille :

Jean de Foissy le Jeune, seigneur de Chamesson, capitaine de Chaource, lui succède (de 1400 à 1453).

Viennent ensuite Hugues de Foissy, seigneur en partie de Villemereuil, maître-veneur et maître-sergent des forêts d’Isle et de Chaource, puis son fils Henri, capitaine de Chaource. Gaucher, fils de Henri, gentilhomme de la maison du roi et son maître d’hôtel ordinaire. Enfin, Hélion, mort sans enfants.

Charles Lescot, neveu de Hélion, revend tous ses droits en 1643, à Hug de Meung de La Ferté : les enfants de ce dernier revendent en 1672 à Louis II de Vienne, seigneur de Géraudot. Creney appartiendra à cette famille jusqu’à la Révolution. L’acte passé devant Rousselot notaire à Troyes mentionne château seigneurial, jardins, enclos, terres, moulin à vent, justice haute moyenne et basse, pressoir…

La famille de Vienne

Louis II de Vienne était lieutenant particulier au bailliage de Troyes.

Son fils Pierre de Vienne était seigneur en partie d’Argentolle, conseiller duc au Parlement de Paris, abbé de Saint Martin ès Aires.

Louis III de Vienne, frère de Pierre, était conseiller d’honneur en la grand chambre du Parlement.

Charlotte-Elisabeth de Vienne, sa fille, épouse Jean Baptiste Fleuriot, comte de Morville, ministre d’état.

Marguerite-Charlotte Fleuriot de Morville, leur fille, épouse Pierre-Emmanuel, marquis de Crussol.

De Vienne

Fleuriau de Morville

De Crussol d’Uzès

Ces familles qui possédaient de vastes domaines ( Géraudot, Lesmont… ) vivaient sans doute plus souvent à Paris ou à Versailles que dans notre région. Elles ne se désintéressaient cependant pas de Creney, et cherchaient à valoriser les terres en y appliquant les idées de progrès développées à cette époque : en témoigne l’assèchement du marais dont il sera question plus loin. Après la Révolution, il est souvent fait mention des terres de la Citoyenne Crussol…

Seigneurs usufruitiers :

La famille de Vienne louait le château de Creney, les biens et les droits qui y étaient attachés afin d’en tirer un revenu. Ainsi, en 1734 le domaine est loué, pour sa vie et celle de sa femme, à Claude Meallet, procureur du roi en la maîtrise des Eaux et Forêts de Troyes. L’acte du notaire indique un vieux château, basse cour et bâtiments pour le logement d’un fermier, les terres de la ferme du château soit 155 arpents, un gagnage (pâturage) de 83 arpents près de l’église, d’autres gagnages de 96 arpents, 40, 20, 19, 14, 11, 3, 1..., une vigne de 1, 95 arpents ( non louée ), soit au total 437 arpents de terres

( Dans l’Aube, 1 arpent correspond à 43 ares, ce qui donne un domaine agricole d’environ 180 hectares ! ). En prime, Meallet disposait d’un saussaie

( terrain planté de saules ) lieudit la rue d’Enfer, de revenus sur le moulin à vent, sur la maison « Beuve », du droit de pêche et de chasse dans l’étendue du marais de Creney, du droit de haute, moyenne et basse justice. Bien qu’étant seulement locataire, il décide de se faire construire un nouveau château, ce qui est raconté dans un autre chapitre…

En 1777, c’est Antoine-Gaspard Darancy, ancien exempt des Gardes du Corps, qui est dit seigneur usufruitier de Creney, demeurant en son château dudit lieu.

 

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