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******   VENTE DU CHATEAU DE CRENEY  ******

Claude Méallet, propriétaire du château de Creney en 1734, a donc fini par posséder la demeure de ses rêves, enfin terminée et, espérons-le, solide et confortable. On ne connaît pas de représentation de ce château qui a ensuite appartenu à Antoine-Gaspard "Darancy" en 1777. Toutefois la description qui en est faite à I'occasion de sa vente comme bien national permet de penser qu'il devait ressembler au château de Charmont, construit quelques années plus tôt.

 

...Soumission faite par le citoyen Jean-Baptiste Paris, demeurant à Troyes, à I'effet d'acquérir les biens ci-après détaillés, dépendant ci-devant du domaine seigneurial de Creney, à savoir :

Une maison seigneuriale, sise à Creney, consistant, en entrant dans la cour par une grande porte cochère ayant face au couchant ; d'icelui, une grande salle à feu ayant vue au nord ; à côté au couchant une autre salle sans cheminée ; à côté de la porte d'entrée du corridor une salle à côté d'icelle, cave dessous ; à côté de ladite cuisine une dépense, un cabinet à côté de ladite dépense et un scellier, pavées en carreaux de terre.

Dans le corridor est un escalier en bois montant au second (!) étage, dans lequel est audit étage au milieu un grand vestibule formant salle à manger ayant vue sur le parc au nord ; au levant une petite salle à cheminée ayant vue sur la cour au midi, une garde robe à côté, au nord d'icelle une autre salle à feu, cabinet et lambris, tenant à icelle, une dépense à côté en planches et croisée, au couchant du corridor dudit étage sont deux grandes chambres à feu lambrissées, et armoires à côté des cheminées ; le tout plafonné de deux étages, et toute les chambres en lambris, tout autour et armoires à côtés des cheminées.

Au-dessus desquels chambres et cabinets dudit second étage est un grenier contenant I'espace de toute la maison et le tout couvert en tuiles.

Dans la cour au nord, lieux d'aisance à côté du portail d'entrée, au midi deux écuries en bois, au nord une laiterie, à côté d'icelle, suivant au nord pour rejoindre la maison des grandes remises, rangs à porcs, une petite écurie, un poulailler, le tout en bois et couvert en tuiles.

Dans la cour au levant, un jardin potager fermé de murs, espaliers autour en arbres de différentes espèces, et autres à hautes tiges, dans lequel jardin est un colombier en pierre.

Consistant ledit jardin en trente cinq cordes environ de terres, clos ou terres labourables, allées de charmes, frênes et autres arbres et bois, tenant du levant à plusieurs autres particuliers, du couchant à une avenue mitoyenne avec la pièce de sept arpents soixante dix neuf cordes, d'un bout du midy sur la cour et bâtiment de la ferme

de Louis Pley, fermé par un mur en pierre, d'autre au nord à des terres ; le tout fermé de haye vives.

Consistant lesdits terrain, cour, emplacement. des bâtiments, jardins, parc, fossés, avenues, terres labourables, en douze arpents quatre vingt quatorze cordes.

Ledit lot estimé quinze mille cinq cent livres, par procès verbal d'expert...

 

En 1809, le recensement des portes et fenêtres mentionnait le château, avec ses deux portes, trente deux fenêtres et une porte cochère.

Le 19juillet 1816, le fermier du château reçoit la visite d'un personnage suspect qui dit chercher la femme d'un général compromis dans un complot Elle devrait se trouver au château de Creney ; elle n'y est jamais venue. ..

Le 15 septembre l818, Jacques Alexandre Dubois, propriétaire du domaine de Creney, demeurant à Troyes 22 rue du Bourg Neuf, désigne Claude Léger Maréchaux comme garde officiel de ses terres.

Le 22 février 1838, le nouveau cadastre de Creney est terminé. Il indique "Les terres du château" à l'emplacement du nouveau lotissement du château. Mais… à I'endroit où aurait dû figurer la construction : une croix. Plus aucune trace de l'édifice, pas plus que des dépendances, du colombier, du parc, de la porte cochère…

1989. Le dernier arbre du parc était encore visible au coin du lotissement. Il a disparu depuis : c’était un tilleul monumental mais creux.

Ce n'est pas le dernier vestige du château : le village ayant été presque entièrement reconstruit entre l820 et 1850, les matériaux exploitables ont été réutilisés, en particulier les lambris qui n'ont pas quitté Creney.

Le château neuf n'avait donc pas duré cent ans.