Les vitraux du sanctuaire

Baie 0

Cette magnifique verrière datée de 1520 a été offerte par Nicolas Godet, curé de Creney et de l'Hôtel-Dieu Saint Nicolas, dont le blason porte trois godets d’argent.

Elle représente la crucifixion, sujet souvent représenté à ce même emplacement. Les personnages portent de riches vêtements de l’époque de François 1er. Les nombreuses étoiles dans le ciel sont un autre indicateur de la splendeur de cette verrière. Malgré le passage des siècles et un démontage en urgence en 1868 pour reprendre les remplages qui menaçaient de s'effondrer, plusieurs sont encore montées en chef d'oeuvre, preuve de l'habileté de l'artiste qui devait percer un trou circulaire dans le verre sans le briser, avec les moyens d'époque, afin d'y insérer l'étoile. Les petits points brillants sur certains costumes et sur l'équipement du cheval, en particulier dans le panneau central, sont aussi des détails qui caractérisent les vitraux les plus raffinés.

Le panneau de droite qui représente le mauvais larron était manquant et avait été remplacé par Saint Vincent et Saint Barnabé ( voir baie 6 ). Le panneau actuel a sans doute été créé par les ateliers de Max Ingrand, qui ont été chargés de remettre en place les vitraux après la seconde guerre mondiale. Il a été réalisé avec soin, et seul un examen attentif permet de voir qu’il est récent.

Dans les lobes flamboyants de cette fenêtre, des anges sur des nuages tiennent les instruments de la Passion.

 

Baie 1

Cette baie a été donnée en 1520 par Henri de Foyssi, capitaine de Chaource, seigneur ( en partie ) de Creney, et sa femme. Les panneaux du bas représentent saint Henri, sainte Barbe et sainte Marguerite, patrons des donateurs. Les panneaux supérieurs représentent des scènes de la vie de Jésus : l’entrée à Jérusalem, Jésus lavant les pieds des apôtres, la Cène ; le jardin des oliviers, la trahison de Judas, Jésus jugé par Anne et Caïphe. Dans les lobes, Pilate se lave les mains devant Hérode ; Jésus porte sa croix. Dans la pointe, Dieu en pape bénit son fils. On remarque les blasons : le cygne de Henri de Foissy, les merlettes de sa femme.

Vers 1490, Nicolas Le Muet et sa femme Catherine Le Boucherat, marchands de Troyes, ont offert à l’église de la Madeleine une verrière présentant en plusieurs panneaux les scènes de la Passion. Le travail est richement exécuté, avec de nombreuses gravures perlées dans les costumes. Cette verrière a eu un énorme succès, si bien que les cartons qui ont servi à la dessiner ont été repris dans plusieurs églises de campagne au cours des années suivantes.

La verrière 1 de Creney est une de ces copies, trente ans plus tard. Les teintes sont différentes, le dessin des sols et des tapisseries a changé, mais le tracé des personnages est parfaitement identique. Toutefois, ici, pas de riche décor perlé.

 

Baie 2

Cette verrière datée de mil cinx cent X… (donc avant 1520 ) a été offerte par François Hennequin, seigneur de Précy Notre Dame, et damoiselle Louise Molé, sa femme. En réalité, la « damoiselle », fille de François Hennequin et Jacquette Molé, était veuve en premières noces de Colin de Pleurs, seigneur (pour 2/3) de Précy, si bien que c’est elle qui détenait les droits seigneuriaux de Précy.

Les trois panneaux supérieurs représentent les rois mages offrant leurs présents dans des vases et des coffres d’or. Le panneau central, en bas, représente la circoncision de Jésus. Celui de droite nous montre Louise Molé agenouillée sur un prie-Dieu portant les armes de la famille Molé. Derrière elle, sa fille, et à sa droite son patron Saint Louis.

Le panneau de gauche qui représentait le donateur François Hennequin était manquant, et a été remplacé depuis fort longtemps par un panneau de provenance inconnue. Ce panneau représente Saint Eloi dans sa forge. Il a coupé le pied du cheval pour pouvoir le ferrer plus facilement, et le remettra ensuite en place, sans dommage pour le cheval qui reste calme.. Une autre version de cette histoire dit que le forgeron Eloi se disait maître des maîtres et maître sur tout. Un visiteur ayant demandé s'il y avait du travail pour lui, Eloi lui a demandé s'il savait travailler, et c'est ce visiteur qui a coupé la patte du cheval et l'a remise en place après avoir forgé un fer plus beau que ceux de Eloi. Vexé celui-ci a voulu en faire autant, mais le cheval a beaucoup bougé, beaucoup saigné, et serait mort sans l'intervention du visiteur en qui Eloi a ainsi reconnu Jésus, venu lui donner une leçon de modestie. Faut-il voir un rapport entre cette leçon de modestie et la disparition du donateur qui s'attribuait une seigneurie dont il n'était pas vraiment titulaire ? Mystère...

 En haut de cette baie 2, dans les lobes, Jésus après sa résurrection apparaît à Marie et à Marie-Madeleine. Entre ces deux scènes, on voit le blason Hennequin Molé, qui reprend pour moitié le blason de ces deux familles parmi les plus importantes de Troyes. Sans aucun doute, ces familles qui n'avaient pas de lien avec Creney ont offert cette riche verrière par générosité envers l'Hôtel-Dieu Saint Nicolas.

 

Pour naviguer dans le site, cliquez sur les liens :

Accueil "Sur la piste de Chronos Accueil "Eglise de Creney" 1 Les origines
2 L'intérieur 3 Vitraux du sanctuaire 4 Vitraux des chapelles sud
5 Vitraux des chapelles nord 6 Les statues 7 Autres objets
8 La porte sud 9 L'Hôtel-Dieu Saint Nicolas 10 Les travaux de 1800 à 1900