L'Hôtel-Dieu Saint Nicolas

et ses liens avec Creney

(renseignements tirés de la thèse de Julie GESRET pour l’école des Chartes : « Assistance et charité à Troyes au Moyen-Age, l’hôtel-Dieu saint Nicolas. Archives de l’Aube, 36J167)

Il s’agit du plus ancien établissement de charité de Troyes. Son existence est mentionnée dans un texte de 1156, mais il pourrait être beaucoup plus ancien.

En 1208, l’évêque Hervée et le chapitre de la cathédrale donnent la paroisse de Creney (que le chapitre gérait depuis le début du 12ème siècle) à l’hôtel-Dieu saint Nicolas. Le curé de Creney était nommé par le maître de l’hôtel-Dieu et devait résider au village. L’hôtel-Dieu recevait sans doute également quelques terres, et pouvait percevoir les dîmes sur les céréales, soit un dixième de la récolte, ce qui pouvait représenter 150 quintaux de céréales à une époque où les rendements étaient de moins de 10 quintaux par hectare, en bonne année. Le curé de Creney percevait un quart de cette dîme pour assurer sa subsistance. Très rapidement, ces propriétés ont été augmentées par des dons :

-Lambert de Bar et sa femme, bourgeois de Troyes, donnent toutes leurs terres à Belley et Thennelières. Un inventaire précis permet de savoir qu’il y avait 64 hectares de terres, produisant surtout des céréales, et un troupeau de 300 bêtes à laine sans compter les agneaux.

- En 1220, un clerc, Guerri, fait don de toute sa terre à Creney, et en 1259 Isabelle Vilaine donne également toute sa terre et ses biens qui s’y trouvent. La ferme de Creney était d’importance comparable à cette de Belley. Les fermes étaient constituées d’une maison entourée de granges, bergeries, étables, écuries pour les chevaux, pressoir… le tout organisé autour d’une cour et accompagné d’un enclos et d’un jardin. L’hôtel-Dieu possédait à Creney une grange dimière, ainsi qu’une autre maison avec un jardin d’environ un hectare !

- Des donations et des achats permettent de créer une troisième ferme à Froiderive (lieudit de Mergey).

Ces fermes étaient louées à des fermiers qui employaient du personnel. Ils payaient leur fermage en nature : céréales, laine, cire…  Par la suite, d’autres fermes sont venues s’ajouter à ces possessions : Chauchigny, Vallant, Montangon, Le Meix Thiercelin… Quand c’était possible, les religieux procédaient à des échanges pour rassembler leurs terres, à des achats pour les étendre. Ils possédaient aussi des vignes qu’ils géraient directement : à Belley pour faire du verjus utilisé en cuisine, 1,5 ha à Creney pour le vin de consommation courante des religieux et employés de l’hôtel-Dieu et de leurs pensionnaires, une autre à la Vacherie (Troyes), 2 ha à Chablis pour les grandes occasions. En 1381, ils font planter 62 noyers à Creney. Cette plantation devait être remarquable car cette partie du finage s’appelle toujours « Les noyers de l’hôtel-Dieu ».

En 1500, l’Hôtel-Dieu possédait également 66 maisons qui étaient louées, essentiellement dans le quartier Saint Nizier à Troyes. Il y a donc eu peu de pertes au cours du grand incendie du 24 mai 1524.

C’est l’hôtel-Dieu qui a décidé de reconstruire l’église de Creney à partir de 1208, puis à nouveau vers 1500. A noter que toute décision d’achat, de vente ou de location de terres ou maisons devait être soumise à l’accord du chapitre de la cathédrale. A partir de 1534, les bourgeois de Troyes obtiennent des Grands Jours le contrôle des dépenses des établissements charitables : ils avaient remarqué que les comptes de Saint Nicolas mentionnaient pour certaines années uniquement des dépenses destinées aux religieux, et non aux œuvres charitables. A cette époque l’établissement comptait vingt lits destinés à l’accueil des malheureux, des orphelins, des malades. Il est vrai qu’on installait souvent plusieurs personnes dans le même lit. Les céréales pouvaient servir à fabriquer des pains distribués aux nécessiteux.

On sait que les dîmes de Creney ont été partagées entre le chapitre et l’hôtel-Dieu jusqu’à la révolution.

Voici les curés de Creney dont les noms apparaissent dans les archives de Saint Nicolas (la thèse s’arrête en 1500) :

1307 : Etienne

1355 Jean

1362 Pierre Ledieu

1376 Etienne de Creney, maître de Saint Nicolas

1385 : Pierre Moysaule

? Nicolas Pinagot, mort en 1422

1422 Jean Rotro

1427 : Nicole Oudinot (Nicole était aussi un prénom masculin)

1477 Jean Broillon

1488 Jean Macquart

1490 Pierre Chienat

Pour naviguer dans le site, cliquez sur les liens :

Accueil "Sur la piste de Chronos Accueil "Eglise de Creney" 1 Les origines
2 L'intérieur 3 Vitraux du sanctuaire 4 Vitraux des chapelles sud
5 Vitraux des chapelles nord 6 Les statues 7 Autres objets
8 La porte sud 9 L'Hôtel-Dieu Saint Nicolas 10 Les travaux de 1800 à 1900